Blog d'Olivier Caspary

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vendredi 4 mai 2012

Quelques brèves sur l’actualité politique et l’économie

     Pour les présidentielles, François Bayrou votera François Hollande, retrouvez l’intégralité de son intervention : http://www.dailymotion.com/video/xqkidb_francois-bayrou-votera-pour-francois-hollande_news?start=347 . Le clip de campagne de Nicolas Sarkozy mentionné par François Bayrou, et qui m’a également choqué, est le suivant : http://www.dailymotion.com/video/xqhp3g_nicolas-sarkozy-le-clip-de-campagne-du-second-tour_news .

    Au niveau économique, le retour de l’étalon-or devient effectif dans le monde : http://www.contrepoints.org/2012/04/27/81084-le-retour-de-lor-comme-monnaie , http://www.lemonde.fr/ameriques/reactions/2012/05/01/apres-l-utah-d-autres-etats-americains-tentes-par-le-retour-a-la-monnaie-or_1692488_3222.html . Ce sujet est également en discussion dans 11 autres états des Etats-Unis. Par ailleurs, la Chine a interdit l’exportation du métal argent.

    La Chine évolue vite, par exemple dans le domaine des télécoms avec Huawei, dont 62 000 employés (sur 130 000 au total) sont des chercheurs ! (http://french.beijingreview.com.cn/alaune/txt/2011-10/24/content_400246.htm). A titre de comparaison, l’entreprise coréenne Samsung dispose « seulement » de 40 000 chercheurs, tous domaines confondus. L’aventure Samsung est résumée dans un reportage de début 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=OO39mCdWNvM . Aussi, il est urgent pour l’Europe de doubler le nombre de chercheurs scientifiques, notamment en synergie avec l’industrie. L’Etat doit rester stratège pour appréhender un monde complexe en pleine guerre économique. Voici une vidéo de février 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=7dBFt3Ecvsg&feature=related . L’affaire Renault, souvent citée dans la vidéo précédente, est résumée dans l’article suivant : http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/03/09/espionnage-chez-renault-retour-sur-une-affaire-embarrassante_1490443_3234.html . Enfin, voici une étude prospective sur la période 2012-2017 de notre pays : http://www.xerfi.fr/etudes/Xerfi-Previsis-previsions-economiques-2012-2017-decembre-2011.pdf .

dimanche 29 avril 2012

Dimanche : Tous derrière François Hollande !

     Voici quelques articles pour vous faire une opinion de ce triste quinquennat. Tout d’abord, le président du Syndicat de la Magistrature : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/26/la-republique-irreprochable-pour-memoire_1691151_3232.html , puis un article d’Anne Lauvergeon : http://www.20minutes.fr/economie/924325-anne-lauvergeon-la-mise-place-clan-sommet-etat-oriente-decisions-contraires-interets-strategiques-france. Pour terminer, encore plus inquiétant, un article au sujet de la liberté sur Internet, mais il en va de même pour la liberté de la presse où la France est très mal classée parmi les pays occidentaux : http://www.20minutes.fr/web/896437-2011-annee-noire-liberte-expression-internet . Au niveau économique, le Président actuel a mené une politique socialiste, avec interventionnisme de l’Etat à tout-va dès qu’une entreprise fait faillite ou menace de le faire, et a nationalisé Dexia (qui s’est comportée comme une banque d’investissement, d’ailleurs cette histoire est loin d’être finie …), sans oublier la TVA sociale. Le gouvernement a endetté le pays de 600 milliards d’euros (dont 40% dus à la crise) et n’a pas respecté les critères de Maastricht, tout ceci pour gagner du temps et retarder les mesures douloureuses à prendre. Bref, « servi » par les circonstances, le président Sarkozy aurait pu être un grand homme d’Etat (même s’il n’est allé ni à Berlin le jour de la chute du mur ni à Fukushima, contrairement à ce qu’il a affirmé). A force de monter des pans de la société les uns contre les autres, il risque fort dimanche prochain de récolter les fruits de sa politique, qui dévie vers l’extrême droite, et peut-être même, dans un proche avenir, les ruines de son propre parti. N’est pas De Gaulle qui veut.

     François Hollande se prépare depuis presque deux ans à la fonction présidentielle. A priori, il n’était pas le favori. Pourtant, l’homme se révèle davantage chaque jour en remplissant petit à petit le costume d’homme d’Etat et a parfaitement conscience des difficultés de sa tâche, étant donné l’état du pays et l’effondrement continu du système monétaire actuel. La plupart de ses promesses sont liées au taux de croissance, c’est pourquoi il demande à ce qu’un pacte de croissance soit ajouté au pacte de stabilité budgétaire au niveau européen. La cohérence dans ses propos est aussi celle qu’il veut instaurer dans la société. Tout comme le président Sarkozy, il mènera une politique économique socialiste mais avec le souci de l’effort juste. Il connaît bien les difficultés qui attendent le pays. Surtout, il laissera le gouvernement gouverner, avec un Premier Ministre qui jouera pleinement son rôle, et il tendra vers une République irréprochable et un Etat impartial. Enfin, l’Ecole et l’Education redeviendront des sujets d’actualité. Pour toutes ces raisons, François Hollande est capable de rassembler les Français, de garantir les valeurs démocratiques et républicaines, et d’être stratège à long terme pour notre pays.

    Je voterai donc François Hollande dimanche prochain et vous invite à faire de même.

samedi 14 avril 2012

La dette est la monnaie des esclaves

     La campagne présidentielle manque singulièrement de hauteur par rapport aux défis que doit relever notre pays (vieillissement de la population, concurrence internationale, pic pétrolier, marché transatlantique en 2015, ...). La fonction de Président exercée par Nicolas Sarkozy, son expérience internationale, auraient normalement dû grandir le candidat Sarkozy afin qu’il présente une vision d’avenir de la France. En lieu et place, il critique son principal rival à la présidence, François Hollande, sans mentionner son bilan et sans porter la grandeur de sa fonction. S’agit-il d’une diversion pour masquer de douloureuses réalités qui surgiront d’ici quelques mois ? Est-ce le fait qu’il n’est pas cultivé et n’aime pas les intellectuels (cf. le discours de Villepinte : « des intellectuels qui se regardent dans le miroir ») ? Pire : s’agit-il d’une forme de populisme avec pour seul intérêt sa propre réélection ? En tout cas, il y a bien un sujet qu’il évite : c’est celui de la dette, car la voie qui a été choisie depuis août 2007 est celle de la fuite en avant pour faire illusion jusqu’aux élections actuelles.

     La dette est la monnaie des esclaves. Elle enchaîne les peuples qui sont obligés de la rembourser. Pour cela, l’Etat spolie sa population d’une manière ou d’une autre, sinon il doit répudier la dette, en totalité ou en partie, sans attendre le défaut de paiement. Où en sommes-nous ? La forte augmentation de la dette publique française d’environ 600 milliards d’euros en cinq ans, dont 40% imputable à la crise, fait qu’elle atteint un niveau de 85% du PIB. Pour la rembourser, les intérêts d’emprunt atteignent dorénavant 55 milliards d’euros par an, à comparer aux 45 milliards de l’impôt sur le revenu dans les caisses de l’Etat. Le potentiel de croissance de la France étant limité à 1,5 % dans les prochaines années, le prochain Président ne pourra donc pas compter dessus. La solution adoptée au niveau de la zone Euro repose sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) fonctionnel le 1er juillet, doté de 800 milliards d’euros, et le pacte budgétaire (« règle d’or » qui comprend un retour à l’équilibre des comptes publics). D’autre part, la BCE n’a plus de munitions après avoir injecté plus de 1000 milliards d’euros de liquidités. Bref, les marges de manœuvre ont disparu et avec elles une partie de notre liberté économique, car le prochain budget risque fort d’être contraint par les dirigeants du MES, les Etats étant sommés d’obéir et les parlementaires de voter un budget qui n’est pas le leur.

     Les politiques à venir reposent sur le retour à l’équilibre budgétaire avec différentes variantes. Ainsi, soit les dépenses de l’Etat sont fortement réduites, ce qui conduit à une récession économique (candidat Sarkozy), soit un équilibre est recherché entre la réduction des dépenses et le maintien de l’activité (candidat Hollande), soit il s’agit d’une relance généralisée qui accroît la dette au-delà du raisonnable (candidat Mélenchon). Le retour à l’équilibre budgétaire permet d’envisager le remboursement de la dette dans plusieurs décennies avec l’hypothèse d’une absence d’inflation. Cependant, quel intérêt de faire ces efforts si, à la base, ce système financier est fou (termes répétés plusieurs fois par Henri Guaino, conseiller du Président, dans un débat télévisé) et ne s’est pas réformé ? Rien n’a changé depuis la première crise de 2007, si ce n’est la prise de conscience du besoin d’une monnaie qui joue pleinement son rôle et qui ne soit pas à cours forcé : l’or. L’ouverture en juin 2012 du Pan Asian Gold Exchange (PAGE) illustre clairement la stratégie de la Chine de dominer les marchés financiers mondiaux car, pour la première fois, une monnaie importante, autre que le dollar, sera utilisée pour cette « matière première ». Voir la vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xgy4i8_l-or-cette-decennie_news .

mercredi 22 février 2012

La Grèce

     L'agence de notation Fitch a dégradé la note de la Grèce à C, le dernier niveau avant le défaut de paiement. Autrement dit, le plan de sauvetage de la Grèce n'a rien sauvé du tout. Les produits financiers attachés à la dette grecque (CDS) menacent bien tout le système financier. Avec le traité européen MES, le problème d'insolvabilité des Etats européens sera dilué dans la mutualisation des dettes, temporairement, jusqu’à ce que l’Europe toute entière devienne insolvable. Par rapport aux sommes en jeu, 100 milliards d'euros, c'est devenu banal. Voir la vidéo du 21 février d’Olivier Delamarche : http://www.youtube.com/watch?v=jKCH70tpW60 , ainsi que l’édito «T’es pas cap Mario ! » http://edito-matieres-premieres.fr/bce-mario-monti/ .

lundi 20 février 2012

Traité instituant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES)

    Le 21 février, l’Assemblée Nationale va voter le MES : pas de référendum, pas de Congrès, peut-être quelques mots dans les médias sur ce sujet. Le texte en français du traité est maintenant disponible (voir fichier joint). Remarque : le parlement européen n’a aucune place dans ce traité car ce mécanisme sera géré par un conseil des gouverneurs qui disposera de très larges pouvoirs et d’une grande immunité. La contribution de la France peut s’élever à presque 143 milliards d’euros si tout le mécanisme est déployé. Ce traité est bien plus contraignant que le FESF qui fut un échec. Il s’agit d’un transfert de souveraineté, un pays membre devant s’exécuter dans les plus brefs délais pour fournir les fonds levés (article 9), et le pays bénéficiaire se verra imposer un programme d’ajustement macroéconomique (article 12.1). A qui le MES va-t-il emprunter des capitaux ? Réponse : article 21. Quid du rôle de la BCE ? Pourquoi seules les banques peuvent emprunter directement auprès de la BCE et non les Etats (1000 milliards le 29 février ?) ? Ce mécanisme cherche à corriger des défauts du système monétaire actuel sans vouloir le modifier, c’est juste un pis-aller. Encore une fois, il s’agit de gagner du temps.

dimanche 19 février 2012

Manipulation des statistiques de la croissance française ?

     Cette semaine, lors de sa déclaration de candidature, le candidat-Président Nicolas Sarkozy a axé son discours sur la France forte en mettant en avant le chiffre de la croissance du PIB au quatrième trimestre, meilleur que celui de l’Allemagne : +0,2% contre -0,2%. L’écart reste faible mais il est accentué par le signe positif pour la France et le signe négatif pour l’Allemagne. Qu’en est-il vraiment ? La Banque de France a confirmé une croissance nulle début février et des économistes comme Marc Touati se sont étonnés de cette annonce du +0,3 % (http://www.boursorama.com/actualites/l-edito-de-marc-touati-assya-compagnie-financiere-croissance-la-france-forte-56e633c08cbb489111be747ef97de184), d’autant plus que tous les grands pays européens ont connu une contraction de leur PIB ce dernier trimestre. Plus fort encore, l’INSEE, dans sa note de conjoncture du 16 décembre 2011 (http://www.banque-france.fr/uploads/tx_bdfgrandesdates/indicateurs-conjoncturels-16-12-2011.pdf), donc en fin de trimestre, annonce une variation de -0,2% qui devient +0,2% mi-février ! Le doute est permis : s’agit-il d’un effet d’annonce purement électoral, d’une manipulation statistique, les statistiques pouvant être « révisées » plusieurs mois plus tard ? En tout cas, la comparaison sur une valeur d’un trimestre ne suffit pas pour donner une tendance. En 2011, selon Eurostat (voir fichier joint, la troisième page avec des données corrigées des variations saisonnières), la croissance du PIB français a été de 1,4% (en tenant compte des +0,2% du dernier trimestre) alors que celle de l’Allemagne a été de 2%. Pour ma part, je pense que la croissance en France a effectivement été nulle fin 2011. Dans un autre fichier joint, vous trouverez un article du site Internet France24 qui influence le lecteur dans un sens, sans lui apporter les éléments d’une analyse critique.

mardi 31 janvier 2012

La crise n'est pas finie

    Le Président-candidat ou candidat-Président a annoncé, lors de son intervention sur 6 chaînes de télévision dimanche soir, que la crise était finie. Cette affirmation est aussi vraie que celle de la disparition de l’industrie au Royaume-Uni. En revanche, on peut observer une accalmie relative qui résulte du comportement de la BCE (500 milliards d’euros aux banques fin décembre et ce n’est pas fini), une grenouille maintenant aussi grosse qu’un bœuf, avec un bilan qui dépasse celui de la FED à force d’acheter les emprunts de certains Etats pour faire baisser leur taux, et certains actifs « à risque » des banques, ceci avec un effet de levier de 30 ! Sans compter le « guichet ouvert » de la BCE vers les banques ! « Folie financière », a dit le Président, mais laquelle ? Celle d’une création monétaire illimitée censée nous éviter la phase de dépression économique mais qui nous conduira tout droit à l’hyperinflation ! Oui, la solution recherchée est une inflation « maîtrisée » pour « éponger » les dettes car elles ne peuvent pas être remboursées ! Cette solution avance maintenant à visage découvert. Voir l’article du Monde du 30 janvier : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/30/paul-krugman-l-inflation-n-est-pas-le-probleme-c-est-la-solution_1636446_3234.html#ens_id=1170028. Tout y contribue : les taux d’intérêt de la FED annoncés à quasi 0% au moins jusque fin 2014, ainsi que les taux de la BCE qui tendent également vers 0%, car la croissance sera environ de -1% en 2012 et négative également en 2013. Le pacte budgétaire (avec la règle d’or), approuvés par 25 Etats européens, entraînent le blocage des salaires et des retraites à leur niveau actuel. Seuls les minima sociaux et le SMIC seront relevés pour apaiser les contestations. En l’état actuel du système, dans cette configuration, les classes moyennes vont être laminées par une baisse de niveau de vie de 20%, pour le privé, de l’ordre de 25% pour les fonctionnaires et les retraités, sur une période de 5 ans.

    En Inde, en Chine, au Mexique, en Russie, au Vietnam, partout les achats d’or bondissent, mais également d’argent. Quelques vidéos, pour alimenter votre réflexion : http://www.youtube.com/watch?v=tj2s6vzErqY (en anglais) et Olivier Delamarche de ce mardi 31 janvier : http://minuit-1.blogspot.com/2011/02/videos-olivier-delamarche-sur-bfm.html . A quand une réflexion sur le système monétaire ?

mardi 17 janvier 2012

Les CDS

    Quand un particulier fait un prêt immobilier, il souscrit une assurance décès dont le montant est calculé par tranche de capital, par exemple des tranches de 10.000 euros. Si, par malheur, le contractant meurt, alors l’assureur rembourse la totalité du capital restant. Dans le principe et pour faire simple, le mécanisme des CDS (Credit Fault Swap) est similaire à l’assurance décès d’un prêt immobilier : un Etat lance des emprunts, dont le capital est assuré par des CDS et, s’il fait faillite, les assureurs doivent régler ses dettes. Ils sont censés apporter une protection aux actifs de référence, sauf que les assureurs n’ont aucune obligation de réservation de capital pour les actifs en question. Les CDS sont donc devenus des produits financiers toxiques quand le risque doit être couvert, alors qu’ils sont prévus pour ça. C’est le cœur du problème de la crise. Le cas de la Grèce est un cas d’école en la matière. Un pays qui ne représente que quelques pourcents du poids économique de l’Union Européenne et pour lequel tout est fait pour qu’il ne se déclare pas en faillite, pour que ne s’activent pas les CDS ! Personne ne sait exactement combien de CDS concernent la Grèce, ni à qui ils appartiennent. D’où le FESF (qui était annoncé à 1.000 milliards d’euros mais est pour le moment quasi-inexistant), puis le MES, ces mécanismes de soutien sur lesquels personne ne s’accorde, élaborés avec l’argent des contribuables, pour aider les Etats de l’Union à ne pas déclencher les CDS afin que les « assureurs » (les banques) ne fassent pas faillite en cascade. La dégradation de la note de la France a entraîné hier soir celle du FESF, ce qui fragilise ce mécanisme. Nous entrons bien dans une voie sans issue pour le système monétaire et financier actuel car la Grèce, comme d’autres pays du Sud de l’Europe, n’a d’issue que hors de l’Euro. Quelques liens pour approfondir la réflexion : les CDS sur les états et les banques http://fr.wikipedia.org/wiki/Credit_default_swap et les agences de notation (Dagong, S&P’s, Moody’s, Fitch) http://chartsbin.com/view/2153 .

samedi 14 janvier 2012

Perte de la notation AAA avec perspective négative

    La dégradation de la note de la France avec perspective négative est évidemment une catastrophe, non seulement pour notre pays, qui ne retrouvera peut-être jamais cette notation, mais également pour l’Europe, puisque tous les mécanismes de soutien, FESF puis MES, se retrouvent automatiquement dégradés ou en voie de l’être. C’est ce qui s’appelle entrer dans une voie sans issue. Bien sûr, toute comparaison avec l’absence de conséquence de la dégradation de la note des USA est ridicule, le dollar étant la monnaie de réserve du monde et le Trésor américain s’alimentant directement en argent frais auprès de la FED. L’Amérique du Nord est une zone économique cohérente, ce que n’est plus l’Europe, y compris au sein des pays de la zone Euro, dont l’écart de notation est maintenant si grand (traduisant les réalités économiques) que l’éclatement de la zone Euro sous sa forme actuelle semble inéluctable. C’est un fait, pas un souhait.

    La politique d’endettement menée depuis de nombreuses années par le gouvernement qui, du coup, n’a jamais respecté les critères de Maastricht, est directement responsable de cette situation. Faut-il rappeler qu’avant même les élections de 2007, tout le monde économique digne de ce nom connaissait la gravité de la crise à venir, puisqu’en septembre 2004 la FED avait annoncé qu’elle ne publiait plus le M3 et les indices associés ? D’ailleurs, la même année, l’éphémère Ministre de l’Economie de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait annoncé la vente de 500 tonnes d’or de la Banque de France, soi-disant pour réduire le déficit, vente qui s’est étalée jusqu’en 2010. Ô combien nous aurions besoin de ces 500 tonnes à présent ! Sans même parler de la déclaration du Premier Ministre en 2007, affirmant que la France était en faillite. Alors, pourquoi des plans de rigueur seulement en 2011, qui n’auront « pleinement » d’effets qu’à partir de 2012 ? C’est vrai qu’ils sont minces : par exemple un plan 17,4 milliards d’euros sur 4 ans alors que le service de la dette + le déficit représentent dorénavant 178 milliards d’euros en 2012.

    Une perspective négative signifie que la note de la France va encore être dégradée dans les prochains mois. A priori, cela ne dérange nullement le gouvernement, qui n’envisage aucune mesure supplémentaire avant les élections de 2012 et minimise cette dégradation ! Une honte, car il s’agit là d’une posture purement électorale qui n’a rien à voir avec la gouvernance d’un pays. Pourtant, les conséquences de cette perte sont réellement catastrophiques car nous ne pouvons plus traiter d’égal à égal avec l’Allemagne : les rapports de force sont modifiés, l’Europe le sait, le monde entier ne l’ignore plus malgré les gesticulations de notre Président auprès de la Chancelière, alors que la crise ne fait que s’amplifier ! L’Allemagne perdra aussi sa notation AAA plus tard dans la décennie, mais là n’est pas le débat.

    En France, les conséquences de cette politique d’endettement ne peuvent plus être repoussées au-delà de quelques mois. Il y aura obligatoirement un ajustement douloureux entre la réalité économique et notre niveau de vie, d’autant plus que les indicateurs économiques avancés annoncent à nouveau une récession à partir de mi-2012, d’une ampleur qui rappelle 2008. Dire que cette situation dure depuis 35 ans en raison d’un budget toujours déficitaire, que ce soit la droite ou la gauche, est simpliste, pour ne pas dire populiste car, selon les périodes, par l’inflation et/ou la croissance, par la nature des produits exportés, notre pays était en mesure de résorber rapidement la dette. Ce n’est plus le cas actuellement.

samedi 31 décembre 2011

Voeux 2012

    Chers internautes, vous êtes plusieurs dizaines à venir surfer quotidiennement sur ce modeste blog. Je ne cherche pas plus à me faire connaître que moi à vous connaître. Nous nous comprenons sans doute autour des thèmes qui sont abordés dans les articles et c'est bien là l'essentiel, dans le respect des opinions de chacun. En 2012, nous ne pourrons pas rester figés, comme si la conservation de nos vieilles pierres faisait qu'elles frappent nos esprits d'immobilisme. La circulation des biens et des personnes, des idées, des résultats scientifiques, de l'information au sens général va croissante. Nous devons nous mettre en mouvement, être en capacité de nous renouveler et aider ceux qui ne le pourront pas, pour suivre la marche du monde. Ce sera notre labeur et notre devoir envers les prochaines générations. Bonne année et bonne santé à vous et à vos proches !

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