Blog d'Olivier Caspary

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jeudi 12 août 2010

La réforme du système

     Le gouvernement a décidé de réaliser 100 milliards d'euros d'économie pour atteindre d'ici 3 ans la barre des -3% de déficit par rapport au PIB. D'un point de vue uniquement comptable, pour renverser la vapeur, il faudrait atteindre au moins +2%, soit environ 200 milliards d'euros d'économie. D'un point de vue humain, quand on liste les efforts considérables demandés aux citoyens pour atteindre 100 milliards, il est impossible d'envisager 200 milliards sans une baisse drastique de leur niveau de vie, ce qui montre que nous ne pouvons pas continuer dans cette direction avec des sacrifices sans précédent en temps de paix. Le piège de la dette peut être résumé de la manière suivante : croissance atone → faibles rentrées fiscales → emprunt et augmentation de la charge de la dette OU croissance forte → augmentation des taux d'intérêt → emprunt et augmentation de la charge de la dette. Comme l'a indiqué le Président Sarkozy, juste après la crise de septembre 2008, il faut changer le système, proposer un nouveau « Bretton Woods ». A Davos, il a tenu un discours plutôt novateur devant un parterre de banquiers. Mais depuis, plus rien, la grande réforme du système ne figure même plus à l'ordre du jour des grandes réunions internationales. Quant à celle votée dernièrement aux Etats-Unis, son impact sera très limité. La gauche a une occasion à saisir en plaçant la réforme au premier rang de ses préoccupations lors des prochaines élections présidentielles. De grandes responsabilités l'attendent. Une piste possible : comme les stress tests ont montré que les banques françaises étaient très solides (solides ? Regarder le leverage ratio des banques pour comprendre leur fragilité), alors une taxe sur leurs bénéfices peut être envisagée, bien plus élevée que celle envisagée par le gouvernement pour 2011, à moins que les états ne puissent trouver de la monnaie directement auprès de la BCE, ce qui leur est actuellement interdit ! Bien sûr, il est encore temps d'introduire l'or et l'argent comme monnaies ou composantes d'une monnaie au lieu d'attendre que le système actuel aille au bout de sa logique : destruction de valeur de la monnaie papier → paupérisation généralisée. Je partage l'analyse de l'école autrichienne d'économie (libérale) mais pas sa solution : que l'Etat se retire totalement du système monétaire pour que la monnaie soit libre. Au contraire, je préconise son contrôle via le parlement, sous une forme à définir, pourquoi pas inscrite dans la Constitution, car la monnaie est l'instrument principal de toute politique économique d'un état ou d'une fédération d'états. Cela peut être réalisé par un ensemble d'états qui ont convergé dans leurs règles fiscales et économiques ou bien à l'échelle européenne Dans un monde où la gestion de certaines matières premières peut devenir délicate à moyen terme, c'est au collectif, à l'Etat, recentré et renforcé dans ses fonctions régaliennes, de prévoir et de gouverner pour le Bien commun (ce Bien commun cher à des hommes d'Etat tels qu'Edgard Pisani). La monnaie est l'une de ses fonctions. En annexe, vous trouverez un petit schéma explicatif que j'ai tracé pour synthétiser une partie du système, un lien vers une vidéo de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=14159, ainsi qu'un commentaire trouvé sur un forum de boursorama.

lundi 26 juillet 2010

L'immobilier

     L'immobilier représente une part importante du budget des ménages, souvent la première lors de la phase d'acquisition (pour ceux qui ont la possibilité de passer du statut de locataire à celui de propriétaire). La bulle immobilière de ces dix dernières années, avec des prix qui ont quasiment doublé dans certaines régions, est-elle en train d'exploser ou bien assiste-t-on à une reprise ? L'accès à la propriété sera-t-il un rêve qui s'éloigne pour les ménages modestes ? L'avenir n'est pas écrit, aussi un travail prospectif comprenant plusieurs hypothèses s'avère nécessaire. En l'occurrence, vous trouverez en pièce jointe l'une des analyses à long terme les plus complètes qui puissent être réalisées en France. Bonne lecture !

mardi 8 juin 2010

Confiance perdue

     Voici en fichier joint un tableau de la tendance des marchés qui permet de comprendre la situation plus que tout autre commentaire. Il est identique à celui de vendredi soir. O, confiance perdue qui voit les banques européennes déverser à nouveau leurs liquidités (360 milliards d'euros) auprès de la BCE et non dans l'économie. Plus personne ne veut prendre le moindre risque. Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant le retour d'une véritable monnaie : l'étalon or ? La demande est forte, il y a dorénavant une prime sur toutes les pièces d'or. Vous pouvez acheter une pièce de 100 euros or actuellement en souscription à la monnaie de Paris (http://www.monnaiedeparis.fr/100EurosOr/index.html). Sa valeur or dépasse les 100 euros et elle ne vaudra jamais moins que sa valeur faciale ! Si vous faites partie de ceux qui veulent réfléchir et comprendre les principaux mécanismes économiques, alors la conférence suivante (en anglais) vous explique notamment comment cette « crise » a été créée et quels seront les meilleurs placements futurs : http://silvergoldvideo.blogspot.com/2010/06/marc-faber-mirror-mirror-on-wall-when.html.

dimanche 16 mai 2010

Lectures économiques

     Aujourd'hui, Angela Merkel a eu l'honnêteté de le dire, le plan européen de la semaine dernière permet juste de gagner un peu de temps. Pendant ce temps, essayons de réfléchir. Voici donc un lien : http://horizons.typepad.fr/accueil/2010/05/les-deux-crises-de-la-zone-euro-par-jacques-sapir.html et un vieil article à télécharger, de notre unique prix nobel français d'économie (la crise mondiale 1998), pour alimenter vos réflexions. Je préfère cependant un article encore plus ancien : http://herve.dequengo.free.fr/Mises/Articles/OI.htm . Bonne lecture !

dimanche 2 mai 2010

Les larmes de la lune

     Je tiens à rendre hommage à l'un des rares annonciateurs de la « crise » que fut Adam Hamilton. Voilà maintenant 10 ans qu'il met en ligne ses essais gratuitement (http://www.zealllc.com/essays.htm) et c'est leur lecture qui a déclenché ma curiosité pour aller plus loin dans la compréhension du système financier. L'un des essais les plus étonnants en 2001 fut celui sur les produits dérivés de JP Morgan (http://www.zealllc.com/2001/monster.htm), véritables instruments financiers à effet de levier par rapport au capital. La « perte de contrôle » de ces instruments pouvait détruire la banque en quelques jours. En considérant l'ensemble des banques, ces produits totalisaient déjà 44 000 milliards de dollars en 2001 (http://www.occ.treas.gov/ftp/deriv/dq101.pdf). Qu'en est-il fin 2009 avec les derniers chiffres publics disponibles ? Le montant des produits dérivés s'élève maintenant à 213000 milliards de dollars dont 78000 milliards rien que pour JP Morgan. Pourtant, la banque à surveiller est plutôt Goldman Sachs ( voir le graphe 5a du rapport suivant : http://www.occ.treas.gov/ftp/release/2010-33a.pdf). Son taux d'exposition au crédit par rapport à son capital a diminué mais il s'élève encore à 766% pour un total de produits dérivés de 41500 milliards de dollars. Une dégradation de sa note par une agence de notation qui fait plonger le cours de l'action, et donc diminue son capital, fait monter automatiquement son taux d'exposition. La banque est fragilisée. Plus que jamais, les produits dérivés apparaissent comme une bombe à retardement du système financier. Un autre essai important d'Hamilton concerne la croissance du M3 qu'il conseille de surveiller dès la fin 2003 (http://www.zealllc.com/2003/m3spx.htm). On connaît la suite avec l'interdiction aux Etats-Unis, quelques années plus tard, de publier les chiffres du M3 ainsi que ceux permettant de le recomposer directement. Dans un récent essai du 5 mars 2010 (http://www.zealllc.com/2010/egrec2.htm), il souligne que le cours de l'or a battu des records en euros et qu'il s'attend à une évolution extrêmement positive de l'or en euros dans les mois à venir, ce qui est actuellement le cas. Comment ne pas évoquer l'inflation à venir, qui fait l'objet de deux essais dont : http://www.zealllc.com/2009/biginf2.htm ? Ces essais sont pertinents puisque, tout récemment, la FED cherche à mettre en place des moyens pour retirer des liquidités des marchés. Si on se réfère à son annonce de l'arrêt de publication du M3, elle se prépare environ 18 mois avant l'action, ce qui signifie que l'inflation est attendue pour fin 2011 et qu'elle va tenter de la juguler avant. L'apprenti sorcier va-t-il réussir à arrêter le balai ? Le meilleur essai à mon sens est celui qui porte sur les larmes de la lune, appellation des Incas pour l'argent (http://www.zealllc.com/2000/silver.htm). Il y a quelques mois, il était disponible en version française sur le site http://www.24hgold.com mais il manquait la seconde partie. Dans la première partie, Hamilton rappelle le rôle joué par l'argent dans les différentes civilisations dont la nôtre. En seconde partie, il annonce la hausse de l'argent, de par sa rareté, ses applications de plus en plus nombreuses et son rôle de monnaie. Les larmes de la lune ne demandent qu'à enchanter à nouveau les civilisations. Son retour en tant que monnaie, même en partie, se traduira par une explosion de son cours. Voilà ce qui est dit dans la seconde partie de l'essai. A titre d'information, tout comme l'or, la Chine n'exporte plus d'argent depuis mi-2009. Pour atteindre un niveau de 25% de ses réserves en or/argent, objectif raisonnable, il lui faudra encore patienter deux ans, soit 2012, l'année du pic pétrolier selon les prévisions de l'armée américaine (http://www.guardian.co.uk/business/2010/apr/11/peak-oil-production-supply).

mardi 6 avril 2010

Economie et politique

     Le décor est planté. Des prévisions économiques annonçant une croissance molle, au mieux pendant plusieurs années pour l'Europe (voir prévisions de Xerfi). Un déficit budgétaire qui, selon une étude prospective du Sénat sur les finances publiques à l'horizon 2030, et avec l'hypothèse d'une croissance supérieure à 2%, ne reviendrait au niveau de 2007 qu'au bout de 20 ans d'effort, niveau déjà qualifié de faillite par le Premier Ministre. Essoufflement de la volonté de réguler le système financier mondial, même si une petite taxe sur les banques voit le jour. A cela s'ajoute la déclaration du directeur du FMI (DSK) à des étudiants roumains, selon laquelle une nouvelle crise financière est inéluctable à moyen terme, et les propos de Paul Volcker n'hésitant pas à affirmer que toutes les banques des Etats-Unis pourraient être démantelées si nécessaire. La Grèce est en sursis, les taux des marchés se sont tendus aussitôt après son refinancement de 5 milliards d'euros. Les atermoiements et tergiversations de l'Europe à son encontre ont considérablement affaibli l'euro, soulageant l'économie des pays européens exportateurs (notamment de l'Allemagne). Bref, nous sommes en pleine divergence d'intérêts européens et mondiaux et chacun attend égoïstement le point de rupture avant d'abattre ses cartes, dans le cadre d'une vaste redistribution des pouvoirs de toutes natures. Concrètement, nous tendons vers une baisse du niveau de vie de l'Occident et une hausse de celui des pays émergents dont le terme politiquement correct est « transfert de richesses ». Ceci se reflètera dans le rapport entre les monnaies, leur diffusion, leur usage dans le commerce mondial et leur part dans les réserves de change des états. Plus cette période de doute est longue, plus elle est susceptible d'alimenter les peurs : crise identitaire, réflexe protectionniste, repli sur soi.

    Le politique est entièrement responsable de ce qui arrive et je qualifie de menteur celui qui justifie sa politique en prétendant que « c'est la faute à la crise ». Tel l'apprenti sorcier, le politique a facilité la création d'un univers financier, un pseudo-paradis fondé sur une expansion infinie du crédit avec de la monnaie papier, et maintenant il ne retrouve plus la formule magique qui ferait tout rentrer dans l'ordre ! Mais tout le monde s'est tu car tout le monde y a trouvé son compte ! Aussi bien les banques que les citoyens, pendant des dizaines d'années, avec des budgets toujours en déficit ! C'était la croissance, l'alpha et l'oméga de la réussite économique et donc politique, notamment pour gagner des élections. Aujourd'hui, point de reconnaissance : le politique a sauvé les banques mais les banques n'investissent pas vraiment dans l'économie, et les citoyens ne se bousculent pas pour aller voter lors des élections. A lui, le politique, de reprendre la main et de proposer une vision de la société car la sortie de crise ne peut être que politique. Dans notre pays, la tâche est plus ardue puisqu'il n'y a pas eu d'anticipation alors que, faut-il le rappeler, le monde entier était au courant depuis fin 2005 de ce qui se profilait à l'horizon (cf. annonce de la Banque Fédérale Américaine de ne plus publier la masse monétaire M3, du jamais-vu).

    A mon humble avis, il faut agir vite, sans attendre une prochaine crise qui serait alors un véritable tsunami emportant tout sur son passage. Le premier remède consisterait à réformer le système actuel. Difficile au niveau mondial, réfléchissons à l'échelle européenne. Les politiques économiques et les fiscalités européennes doivent être harmonisées si nous voulons sauver l'euro. La monnaie européenne ne peut être le reflet que d'une politique commune. Le second remède serait que les états de l'Union puissent emprunter directement auprès de la BCE, au même titre que les banques; les économies atteindraient ainsi des dizaines de milliards d'euros. La monnaie est utilisée en tant qu'arme économique, d'où l'indexation de la monnaie chinoise sur le dollar et un dollar qui faiblit. Pourquoi ne pas réaliser une dévaluation compétitive de l'euro de l'ordre de 30% (presqu'un dollar) pour nos industries et l'adosser ensuite aux véritables monnaies que sont l'or et l'argent (quoique l'euro baisse si vite que cela ne sera peut-être pas nécessaire) ? L'Europe dispose des plus grandes réserves d'or, elle doit s'appuyer sur ce formidable atout. Ce répit nous permettrait une véritable réindustrialisation, avec un fort ralentissement des délocalisations. De plus, une monnaie adossée à l'or serait susceptible d'attirer les capitaux du monde entier. Les réformes politiques qui en découleraient prendraient tout leur sens car elles seraient ainsi conduites dans le cadre d'une politique volontariste : agir pour ne pas subir avec, pour leitmotiv, la liberté d'entreprendre et la justice sociale. Seuls des hommes d'état charismatiques sont susceptibles de conduire de telles réformes qui, outre l'aspect économique, doivent promouvoir des valeurs sociétales et redonner foi en l'Homme et au progrès.

jeudi 18 mars 2010

Elections régionales

     Les résultats du premier tour sont logiques. Les électeurs ont fait preuve d'un bon sens collectif, les partis les moins cohérents ont été sanctionnés : l'UMP, dont on ne perçoit pas la stratégie à moyen et long terme, notamment pour surmonter la crise, et le Modem, quasi mort car il n'a plus d'espace politique. D'ailleurs, où sont passés les démocrates déodatiens qui s'affichaient avec Jean-François Kahn en octobre dernier ? Le PS remporte le premier tour, à pondérer par une moindre mobilisation de l'électorat UMP. Le FN ressurgit, tel un diable sorti de sa boîte. Europe Ecologie fait un score honorable. Je suis satisfait des actions de la région : co-financement des matériels de recherche et d'enseignement, financement de la formation continue pour des chômeurs, les nouveaux TER. Alors, dimanche prochain, je soutiendrai à nouveau la liste PS.

jeudi 18 février 2010

Prévisions économiques

     Il est rare de trouver une analyse globale sur Internet de l'économie mondiale. Voici ci-dessous des prévisions datant de décembre 2009 pour les années 2010/2011. J'ai préféré attendre que la période des vœux soit terminée pour donner le lien ci-après car ces prévisions sont pessimistes. http://www.xerfi.fr/Newsletter/xerfiactiv/Live/e-changes_Xerfi-Laurent-Faibis-previsions-economiques.html . Si vous voulez une émission qui décape vraiment alors écoutez la revue de presse internationale de Pierre Jovanovic du 10 février 2010 : http://videos.rim952.fr/?p=103 . C'est au travers de différentes sources d'informations que vous pourrez vous forger une opinion. Plus la période est complexe, plus il est difficile de trouver des informations de qualité au premier plan. Avant, le premier plan médiatique était occupé par le virus de la grippe H1N1 mais celui-ci a subitement disparu des médias à partir du 7 janvier 2010. Et puis il y a eu la tragédie d'Haïti, qui avait déjà quitté le petit écran jusqu'à ce que le Président de la République s'y rende aujourd'hui. Maintenant, place aux jeux olympiques d'hiver à Vancouver. En attendant, on se dirige tout droit vers une monétisation des dettes et donc une perte de valeur des monnaies papier. Si on pense que l'école autrichienne d'économie a raison, alors la sortie de crise sera au moins l'un des termes suivants : hyperinflation, dictature, guerre. Le rôle du politique consiste à anticiper, à choisir un scénario de fin de crise qui soit volontariste pour faire mentir les prévisions les plus pessimistes. Le débat politique principal devrait porter sur la monnaie.

dimanche 24 janvier 2010

Haïti

     Dans « The unanswered question » de Charles Ives (http://jiwa.fr/#track/1318002), l'Homme pose la question dans l'immensité et ne rencontre que le brouhaha de l'univers. Œuvrons pour que l'Haïtien, dans l'Humanité, reçoive une réponse et ne pose plus la question : pourquoi ?

samedi 23 janvier 2010

Monuments historiques et identité nationale

     Alors qu'à travers le pays, les fonctionnaires de l'Etat sont chargés par le gouvernement d'organiser, pour ne pas dire ordonner, le débat sur l'identité nationale, voilà que le ministre Eric Besson déclare : «la France n'est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c'est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n'y a pas de Français de souche, il n'y a qu'une France de métissage. » (voir la vidéo http://www.marianne2.fr/Identite-nationale-la-betise-de-Besson-sur-le-terrain_a183577.html ). Pour ensuite se corriger en affirmant le contraire dans un communiqué « réfléchi » (http://www.lexpress.fr/actualites/2/eric-besson-se-corrige-sur-la-nation-francaise_843834.html). En tout cas, nul ne peut nier que la France a un passé et une histoire qui ont forgé son identité actuelle, avec un Conseil constitutionnel garant de notre maison commune. Fort heureusement car, ignoré des médias, un projet de loi devait transférer les monuments historiques aux collectivités territoriales, puis celles-ci, au bout de 20 ans, pouvaient les vendre. Ce projet a même été approuvé par le Sénat (http://www.senat.fr/presse/cp20091201a.html) avec quelques réserves de circonstance. Le scénario suivant aurait alors été possible : d'anciens combattants souhaitant se recueillir devant un monument de la première Guerre Mondiale mais apprenant que celui-ci aurait été vendu puis démonté pour être remonté ailleurs. Des oppositions à ce projet de loi se sont manifestées, notamment la Fédération Nationale des Collectivités Territoriales (FNCC) qui est montée au créneau pour le dénoncer. Finalement, car c'était vraiment le dernier recours, les Sages du Conseil constitutionnel l'ont censuré le 29 décembre 2009 au motif suivant : la gestion du patrimoine ne relève pas d'une loi fixant les orientations budgétaires. Dans son communiqué du 20 janvier 2010, la FNCC conclut par ces mots : « Les instances politiques ont la responsabilité temporaire du patrimoine symbolique – qu'il soit immatériel ou monumental – et donc celle de n'en altérer à la légère ni la conservation, ni la transmission, ni l'invention ». Vouloir débattre de l'identité nationale tout en tentant de transférer dans le même temps le patrimoine national afin d'alléger les dépenses de l'Etat (car c'était un article de la loi de finances 2010) me laisse pour le moins perplexe.

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