Blog d'Olivier Caspary

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mardi 31 janvier 2012

La crise n'est pas finie

    Le Président-candidat ou candidat-Président a annoncé, lors de son intervention sur 6 chaînes de télévision dimanche soir, que la crise était finie. Cette affirmation est aussi vraie que celle de la disparition de l’industrie au Royaume-Uni. En revanche, on peut observer une accalmie relative qui résulte du comportement de la BCE (500 milliards d’euros aux banques fin décembre et ce n’est pas fini), une grenouille maintenant aussi grosse qu’un bœuf, avec un bilan qui dépasse celui de la FED à force d’acheter les emprunts de certains Etats pour faire baisser leur taux, et certains actifs « à risque » des banques, ceci avec un effet de levier de 30 ! Sans compter le « guichet ouvert » de la BCE vers les banques ! « Folie financière », a dit le Président, mais laquelle ? Celle d’une création monétaire illimitée censée nous éviter la phase de dépression économique mais qui nous conduira tout droit à l’hyperinflation ! Oui, la solution recherchée est une inflation « maîtrisée » pour « éponger » les dettes car elles ne peuvent pas être remboursées ! Cette solution avance maintenant à visage découvert. Voir l’article du Monde du 30 janvier : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/30/paul-krugman-l-inflation-n-est-pas-le-probleme-c-est-la-solution_1636446_3234.html#ens_id=1170028. Tout y contribue : les taux d’intérêt de la FED annoncés à quasi 0% au moins jusque fin 2014, ainsi que les taux de la BCE qui tendent également vers 0%, car la croissance sera environ de -1% en 2012 et négative également en 2013. Le pacte budgétaire (avec la règle d’or), approuvés par 25 Etats européens, entraînent le blocage des salaires et des retraites à leur niveau actuel. Seuls les minima sociaux et le SMIC seront relevés pour apaiser les contestations. En l’état actuel du système, dans cette configuration, les classes moyennes vont être laminées par une baisse de niveau de vie de 20%, pour le privé, de l’ordre de 25% pour les fonctionnaires et les retraités, sur une période de 5 ans.

    En Inde, en Chine, au Mexique, en Russie, au Vietnam, partout les achats d’or bondissent, mais également d’argent. Quelques vidéos, pour alimenter votre réflexion : http://www.youtube.com/watch?v=tj2s6vzErqY (en anglais) et Olivier Delamarche de ce mardi 31 janvier : http://minuit-1.blogspot.com/2011/02/videos-olivier-delamarche-sur-bfm.html . A quand une réflexion sur le système monétaire ?

mardi 17 janvier 2012

Les CDS

    Quand un particulier fait un prêt immobilier, il souscrit une assurance décès dont le montant est calculé par tranche de capital, par exemple des tranches de 10.000 euros. Si, par malheur, le contractant meurt, alors l’assureur rembourse la totalité du capital restant. Dans le principe et pour faire simple, le mécanisme des CDS (Credit Fault Swap) est similaire à l’assurance décès d’un prêt immobilier : un Etat lance des emprunts, dont le capital est assuré par des CDS et, s’il fait faillite, les assureurs doivent régler ses dettes. Ils sont censés apporter une protection aux actifs de référence, sauf que les assureurs n’ont aucune obligation de réservation de capital pour les actifs en question. Les CDS sont donc devenus des produits financiers toxiques quand le risque doit être couvert, alors qu’ils sont prévus pour ça. C’est le cœur du problème de la crise. Le cas de la Grèce est un cas d’école en la matière. Un pays qui ne représente que quelques pourcents du poids économique de l’Union Européenne et pour lequel tout est fait pour qu’il ne se déclare pas en faillite, pour que ne s’activent pas les CDS ! Personne ne sait exactement combien de CDS concernent la Grèce, ni à qui ils appartiennent. D’où le FESF (qui était annoncé à 1.000 milliards d’euros mais est pour le moment quasi-inexistant), puis le MES, ces mécanismes de soutien sur lesquels personne ne s’accorde, élaborés avec l’argent des contribuables, pour aider les Etats de l’Union à ne pas déclencher les CDS afin que les « assureurs » (les banques) ne fassent pas faillite en cascade. La dégradation de la note de la France a entraîné hier soir celle du FESF, ce qui fragilise ce mécanisme. Nous entrons bien dans une voie sans issue pour le système monétaire et financier actuel car la Grèce, comme d’autres pays du Sud de l’Europe, n’a d’issue que hors de l’Euro. Quelques liens pour approfondir la réflexion : les CDS sur les états et les banques http://fr.wikipedia.org/wiki/Credit_default_swap et les agences de notation (Dagong, S&P’s, Moody’s, Fitch) http://chartsbin.com/view/2153 .

jeudi 29 décembre 2011

Scénario pour un retour au standard or

    Au lieu de commenter les incroyables décisions de la BCE, le prêt des états européens au FMI, les plans de rigueur sans fin, réfléchissons à un retour au standard or, avec le professeur Fekete, à partir de la vidéo suivante  : http://www.dailymotion.com/video/xn3lqd_antal-fekete_news . Il n'y a pas de fatalité dans cette crise, c'est une question de choix économiques réalisés par les politiques. La solution est également politique.

mercredi 7 décembre 2011

Informations économiques

    Pour information, voici la lettre commune de la Chancelière et du Président, disponible sur le site du journal suisse Le Temps et en pièce jointe. ( http://www.letemps.ch/rw/Le_Temps/Quotidien/2011/12/07/International/ImagesWeb/07.12%20Lettre%20%20SARKOZY-MERKEL.pdf )

    Le FESF (Fond Européen de Stabilité Financière) est insuffisant et un échec auprès des investisseurs privés, d'où l'accélération vers le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) prévu à l'origine mi-2013 et dont seule une version anglaise existe, légèrement modifiée par rapport à la première version. ( http://www.consilium.europa.eu/media/1216793/esm%20treaty%20en.pdf ). Le MES était prévu de mi-2013 à mi-2017 et était considéré comme une phase transitoire. Pour ceux qui en doutent encore, cette "crise" durera au moins une décennie.

    Sur le site de l'Agence Française du Trésor, certaines informations ne sont plus remises à jour et c'est bien dommage, notamment l'évolution du profil de remboursement de la dette de l'état (http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/dette_etat_24/principaux_chiffres_70/evolution_du_profil_remboursement_491/index.html). Pour rappel, la France va émettre environ 180 milliards d'euros d'obligation, 100 milliards pour couvrir l'amortissement de dettes arrivant à échéance et 80 milliards pour le déficit budgétaire 2012. Les besoins en financement des états européens, sur les premiers mois de 2012, se chiffrent en centaines de milliards d'euros. Ils ne seront pas tous satisfaits.

    En tout cas, FESF, MES, eurobonds, règle d'or, etc. n'ont et n'auront maintenant que peu d'effet sur la "dynamique" de la crise de par son ampleur. Comprendre la monnaie, son rôle et son pouvoir, c'est comprendre la "crise" et pouvoir apporter des solutions. Son interférence avec le pic pétrolier de 2012 en font un mélange détonant auprès des citoyens dans les années à venir. Je l'ai dit et écrit il y a plus de 5 ans déjà à un parti politique auquel j'appartenais. Pour clore ce billet, n'oubliez pas que l'or et l'argent garantissent notre liberté économique.

dimanche 7 août 2011

Le développement de la crise

     Comme l’a démontré l’école autrichienne d’économie, une crise systémique telle que celle que nous vivons ne peut pas être endiguée. D’ailleurs, à ce jour, absolument aucun problème n’est réglé, bien au contraire. Il y avait les banques en détresse, maintenant on peut ajouter des états insolvables. Que de communication et de temps perdu depuis la première manifestation de cette crise en août 2007 et la seconde en septembre 2008 ! Stress tests version 1 : les banques sont solides, puis stress tests version 2 : les banques sont solides, etc. Qui y croit ? Pour la Grèce, plan n°1 : la Grèce est sauvée, puis plan n°2, n°3, n°x ? : la Grèce est sauvée, idem (ou à venir) pour la quasi-totalité des pays européens. Pour finir, fonds européen de stabilité n°1, n°2, puis n°x ? Concernant les Etats-Unis, qui viennent de perdre leur note « AAA », la situation économique est également sans espoir. En effet, la FED a dépensé plus de 16 000 milliards de dollars depuis 2008 pour finalement voir les Etats-Unis avec une croissance nulle. La BCE peut suivre le même chemin en procédant à des achats massifs, elle n’aura pas plus de résultat mais gagnera un peu de temps.

Quant à la France, je me suis déjà exprimé en disant qu’il faut un excédent de +2% du PIB et non arriver à un déficit de -3% en 2013 pour réduire véritablement l’endettement qui est à la limite du supportable. En l’état actuel des finances du pays et avec une croissance aussi faible, c’est quasiment impossible, surtout qu’une nouvelle récession semble se profiler à l’automne aux Etats-Unis avec des répercussions en Europe. C’est cette absence de perspective de croissance qui nous mettra en difficulté.

Quand aura lieu le nouveau « Bretton Woods » tant promis ? En fait, les états endettés gagnent du temps, en attendant le retour d’une inflation modérée pour les soulager. C’est courir là un très grand risque : celui de basculer brutalement dans l’hyperinflation. Cette crise systémique ne sera enrayée que par une refonte du système monétaire mondial qui passe par le retour de l’or, seul recours quand la confiance dans les monnaies papier a disparu. Je pense qu’il y aura également l’argent (un relèvement de marge soudain a fait baisser son cours et il y en aura certainement d’autres tant la situation est tendue sur ce métal) mais pas seulement. Toutes les hypothèses sont permises.

samedi 7 mai 2011

Le métal Argent

    Les larmes de la lune (appellation de l’argent par les Incas) ont coulé à flot cette semaine dans une incroyable manipulation qui ne s’est pas produite sur les autres matières premières. Revenons sur les faits avant de tracer d’intéressantes perspectives sur l’avenir radieux de ce métal. D’un point de vue fondamental, la demande est supérieure à l’offre physique, ce qui se traduit par une backwardisation du métal Argent et une hausse quasi-parabolique de son cours ces dernières semaines. Finalement, l’argent rattrape peu à peu son ratio historique vis-à-vis de l’or, soit un ratio or/argent entre 10 et 16, après avoir été maintenu à un cours très bas pendant des décennies. Mais ceci n’est pas du goût de tout le monde, notamment des spéculateurs « short » qui veulent maintenir le cours de l’argent à son niveau le plus bas sur le marché du COMEX. Les pertes potentielles, de plus en plus insupportables, allaient se concrétiser. Aussi, avec la complicité des régulateurs de ce marché, les règles ont changé plusieurs fois en quelques jours : 4 relèvements des appels de marge en deux semaines ! Du jamais-vu sur aucun autre marché de la planète ! L’attaque a commencé la semaine dernière avec jusqu’à -12% en une journée, alors que les bourses asiatiques étaient fermées pendant trois jours. Résultat : -30% en une semaine, un véritable krach organisé. Victoire facile mais lourde de conséquences, car qui peut faire confiance à un marché qui change ses règles du jour au lendemain ? Les Chinois, qui non seulement n’exportent pas leur production d’argent mais en importent, vont pouvoir développer leur propre marché des métaux précieux et imposer leurs cours au monde entier. Ils auront la capacité de livraison de métal physique que perd peu à peu le Comex. Seuls les détenteurs de métal physique peuvent dormir tranquilles. A cet égard, lundi, vous avez un point d’entrée sur ce marché, ce qui signifie un signal d’achat fort pour profiter des soldes à -30%. Profitez-en vite car cela ne durera pas longtemps ! C’est la dernière décennie de ce métal (http://www.euporos.ch/articles_details.php?id=40) et, globalement, les derniers mois de l’argent en solde.

vendredi 31 décembre 2010

Bonne année 2011 !

    Après une année 2010 en or, puisque l’or a été le meilleur placement devant les actions des pays émergents, et ce depuis plusieurs années maintenant (voir le fichier joint tiré d’un article des Echos), on peut sereinement envisager le même scénario pour 2011. Les impôts augmentent et les taxes fleurissent pour alimenter un puits sans fond : une dette qui ne sera jamais remboursée. L’Etat français va emprunter environ 50% de ses recettes, soit 184 milliards d’euros et, pour vivre, calcule dans le temps des différentiels complexes d’après le triptyque « emprunts – remboursement d’intérêts – taux d’intérêt ». La croissance sera molle et la guerre monétaire qui a commencé se poursuivra (voir les prévisions du cabinet Xerfi en fichier joint). Les besoins des états européens seront encore plus importants en 2012, avec environ 1000 milliards d’euros à trouver sur les marchés financiers. Il y aura donc concurrence entre états dès janvier sur plusieurs années et les moins solvables vont devoir payer de plus en plus cher « l’argent frais ».

    L’année 2010 a montré une Europe hors course, incapable de prendre son destin en main au-delà de quelques déclarations de façade. La situation en Belgique est l’archétype de celle de l’Europe. Pire, l’Histoire continue sans nous : les échanges de marchandises, les innovations, les brevets et les publications scientifiques, la croissance, et même l’art, deviennent l’apanage du continent asiatique. Notre désindustrialisation risque fort d’être définitive car, au rythme actuel des innovations technologiques, le « ticket » d’entrée pour se réindustrialiser augmente sans cesse, même en disposant de toutes les compétences humaines. Le temps presse. Il faut agir vite et fort, en priorité au niveau européen. Dans dix ans, soit deux générations technologiques, que l’on ne dise pas : « l’Europe ? Un musée à ciel ouvert ». C’est aux politiques de proposer une vision, de montrer un chemin, même montagneux, et d’être têtes de cordée. Si la classe dirigeante est financière, alors qu’elle soit courageuse au sens où l’entendait Jaurès (voir fichier Jean Jaurès) !

    Dans ce dernier paragraphe, nous allons aborder différents investissements or et argent possibles pour 2011. Concernant les actions, la taxation des plus-values augmente encore ainsi que les prélèvements sociaux. Hors PEA, la fiscalité est devenue trop lourde. Aussi, dans le cadre d’un PEA, je vous recommande les titres Euro Ressources, une société de royalties sous-évaluée, et Auplata, producteur d’or avec une usine qui sera construite en 2011. Peu de risques, gains faibles à moyens (environ 10% à 50%). Si vous voulez suivre les cours de l’or avec du « papier », alors tournez-vous vers les trackers or ou argent, des fonds indiciels aussi appelés ETF, qui s’achètent et se vendent comme des actions (à vendre en cas de hausse hyperbolique car manque de contrepartie possible). Pour du « physique », pièces d’or et d’argent conseillées, dont vous avez les cours sur le site suivant : http://www.24hgold.com/francais/home.aspx . Il n’y a pas de TVA sur les pièces, qu’il est préférable d’acheter au prix spot (et de conserver en banque). Pour ceux qui maîtrisent les produits complexes et qui sont adeptes de grands frissons au risque de tout perdre, jetez un œil sur les turbos illimités call quanto, sous-jacent argent, de la commerzbank. Bien entendu, attention à la barrière désactivante. Enfin, les joueurs de casino peuvent s’intéresser à des compagnies juniors d’exploration principalement cotées sur le marché nord-américain et hors PEA. Pour les amateurs de terres rares, Lynas et Molycorp ont encore du potentiel mais ça devient spéculatif. Bien sûr, si vous pensez que le pire de la crise est passé, oubliez ce paragraphe.

    Nous allons vivre une année 2011 passionnante : les banques centrales ont cessé leurs ventes d’or, les états occidentaux ne savent plus où donner de la dette, plusieurs campagnes électorales vont démarrer avec des élections en 2012. Les états européens possèdent le premier stock d’or au monde, les Etats-Unis le second. Ce précieux atout permettra-t-il de bâtir un nouveau système monétaire ?

mercredi 10 novembre 2010

Manoeuvres

    L’espoir aura été de courte durée. Les banquiers centraux ne veulent pas l'étalon-or (http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3714defa-eb81-11df-8ffe-4226207f022c|0) . A la lecture de l’article du temps ci-avant, il est surprenant de constater les choix délibérés de remèdes habituels à une crise inhabituelle. En tout cas, le sujet a été abordé officiellement pour la première fois et sans doute pas pour la dernière. Autre information, concernant l’argent , les règles d’appel de couverture viennent de changer sur le comex (voir fichier joint). Nous pouvons remarquer la différence entre les « hedge/members » et les « spec », différence avantageant les shorts de JPM et GS. Mais qui empêchera l’argent de suivre une tendance de type Weimar ? (voir fichier joint).

lundi 8 novembre 2010

Hyperinflation

    La déclaration du FMI de ces dernières semaines est on ne peut plus explicite : « Une partie du soutien public qui a été accordée aux banques ces dernières années devra être maintenue ». Autre extrait : « Le système financier mondial est toujours dans une période d’incertitude considérable et reste le talon d’Achille de la reprise économique ». Pire encore, au sujet des banques et institutions financières : « Une dette de plus de 4 000 milliards de dollars doit être refinancée dans les 24 prochains mois ». Ainsi les Etats, donc les citoyens-contribuables, sont « invités » à payer davantage, encore et toujours, pour le système financier, au risque de voir celui-ci s’effondrer (et la charge de la dette continuer d’augmenter sans cesse). En vérité, ce système est déjà mort mais personne ne s’entend sur une solution de rechange, d’où une guerre des monnaies à la baisse et des relents protectionnistes : exporter tout en essayant de fermer ses frontières, trouver un point d’entrée dans un autre bloc économique, par exemple le port du Pyrée en Grèce, point d’entrée en Europe exploité à présent par la Chine. Il s’agit de se placer dans la meilleure situation possible pour la prochaine redistribution des cartes financières. Inévitablement, il faudra solder le passif du système. Le remboursement des dettes étant impossible sous la forme actuelle, rien ne vaut une bonne inflation, voire même une hyperinflation ! Pour préparer cette période extrêmement dangereuse, l’IASB (International Accounting Standard Board), organisme donnant les normes standards de la comptabilité dans le monde, propose d’aider les comptables à faire face à l’hyperinflation de leur monnaie (voir fichier-joint). Heureusement, « le pire n’est pas toujours certain ». Le système bancor sera vraisemblablement évoqué lors du prochain G20 à Séoul. Pour résumer, nous sommes en guerre monétaire avec des taux de change qui varient rapidement. Les scénarios qui figurent dans les rapports des grandes banques mentionnent la sortie de la Grèce de la zone euro, ou celle de plusieurs pays du Sud de l’Europe, voire celle de l’Allemagne. La Chine réclame une reconnaissance de sa puissance, donc de sa monnaie, ce qui passe forcément par une baisse de la suprématie du dollar. Les Etats-Unis impriment leur monnaie (appelée pudiquement QE pour ‘Quantitative Easing’) et pourrait être tentés par l’aventure de l’amero.

Ce billet a été écrit il y a un mois (mais non publié dans ce blog). Depuis, nous avons le QE2 et le Président de la banque Mondiale(M. Zoellick) qui est maintenant favorable au retour d'un nouvel étalon or !!! Enfin !!!

jeudi 12 août 2010

La réforme du système

     Le gouvernement a décidé de réaliser 100 milliards d'euros d'économie pour atteindre d'ici 3 ans la barre des -3% de déficit par rapport au PIB. D'un point de vue uniquement comptable, pour renverser la vapeur, il faudrait atteindre au moins +2%, soit environ 200 milliards d'euros d'économie. D'un point de vue humain, quand on liste les efforts considérables demandés aux citoyens pour atteindre 100 milliards, il est impossible d'envisager 200 milliards sans une baisse drastique de leur niveau de vie, ce qui montre que nous ne pouvons pas continuer dans cette direction avec des sacrifices sans précédent en temps de paix. Le piège de la dette peut être résumé de la manière suivante : croissance atone → faibles rentrées fiscales → emprunt et augmentation de la charge de la dette OU croissance forte → augmentation des taux d'intérêt → emprunt et augmentation de la charge de la dette. Comme l'a indiqué le Président Sarkozy, juste après la crise de septembre 2008, il faut changer le système, proposer un nouveau « Bretton Woods ». A Davos, il a tenu un discours plutôt novateur devant un parterre de banquiers. Mais depuis, plus rien, la grande réforme du système ne figure même plus à l'ordre du jour des grandes réunions internationales. Quant à celle votée dernièrement aux Etats-Unis, son impact sera très limité. La gauche a une occasion à saisir en plaçant la réforme au premier rang de ses préoccupations lors des prochaines élections présidentielles. De grandes responsabilités l'attendent. Une piste possible : comme les stress tests ont montré que les banques françaises étaient très solides (solides ? Regarder le leverage ratio des banques pour comprendre leur fragilité), alors une taxe sur leurs bénéfices peut être envisagée, bien plus élevée que celle envisagée par le gouvernement pour 2011, à moins que les états ne puissent trouver de la monnaie directement auprès de la BCE, ce qui leur est actuellement interdit ! Bien sûr, il est encore temps d'introduire l'or et l'argent comme monnaies ou composantes d'une monnaie au lieu d'attendre que le système actuel aille au bout de sa logique : destruction de valeur de la monnaie papier → paupérisation généralisée. Je partage l'analyse de l'école autrichienne d'économie (libérale) mais pas sa solution : que l'Etat se retire totalement du système monétaire pour que la monnaie soit libre. Au contraire, je préconise son contrôle via le parlement, sous une forme à définir, pourquoi pas inscrite dans la Constitution, car la monnaie est l'instrument principal de toute politique économique d'un état ou d'une fédération d'états. Cela peut être réalisé par un ensemble d'états qui ont convergé dans leurs règles fiscales et économiques ou bien à l'échelle européenne Dans un monde où la gestion de certaines matières premières peut devenir délicate à moyen terme, c'est au collectif, à l'Etat, recentré et renforcé dans ses fonctions régaliennes, de prévoir et de gouverner pour le Bien commun (ce Bien commun cher à des hommes d'Etat tels qu'Edgard Pisani). La monnaie est l'une de ses fonctions. En annexe, vous trouverez un petit schéma explicatif que j'ai tracé pour synthétiser une partie du système, un lien vers une vidéo de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=14159, ainsi qu'un commentaire trouvé sur un forum de boursorama.

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