Blog d'Olivier Caspary

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vendredi 31 décembre 2010

Bonne année 2011 !

    Après une année 2010 en or, puisque l’or a été le meilleur placement devant les actions des pays émergents, et ce depuis plusieurs années maintenant (voir le fichier joint tiré d’un article des Echos), on peut sereinement envisager le même scénario pour 2011. Les impôts augmentent et les taxes fleurissent pour alimenter un puits sans fond : une dette qui ne sera jamais remboursée. L’Etat français va emprunter environ 50% de ses recettes, soit 184 milliards d’euros et, pour vivre, calcule dans le temps des différentiels complexes d’après le triptyque « emprunts – remboursement d’intérêts – taux d’intérêt ». La croissance sera molle et la guerre monétaire qui a commencé se poursuivra (voir les prévisions du cabinet Xerfi en fichier joint). Les besoins des états européens seront encore plus importants en 2012, avec environ 1000 milliards d’euros à trouver sur les marchés financiers. Il y aura donc concurrence entre états dès janvier sur plusieurs années et les moins solvables vont devoir payer de plus en plus cher « l’argent frais ».

    L’année 2010 a montré une Europe hors course, incapable de prendre son destin en main au-delà de quelques déclarations de façade. La situation en Belgique est l’archétype de celle de l’Europe. Pire, l’Histoire continue sans nous : les échanges de marchandises, les innovations, les brevets et les publications scientifiques, la croissance, et même l’art, deviennent l’apanage du continent asiatique. Notre désindustrialisation risque fort d’être définitive car, au rythme actuel des innovations technologiques, le « ticket » d’entrée pour se réindustrialiser augmente sans cesse, même en disposant de toutes les compétences humaines. Le temps presse. Il faut agir vite et fort, en priorité au niveau européen. Dans dix ans, soit deux générations technologiques, que l’on ne dise pas : « l’Europe ? Un musée à ciel ouvert ». C’est aux politiques de proposer une vision, de montrer un chemin, même montagneux, et d’être têtes de cordée. Si la classe dirigeante est financière, alors qu’elle soit courageuse au sens où l’entendait Jaurès (voir fichier Jean Jaurès) !

    Dans ce dernier paragraphe, nous allons aborder différents investissements or et argent possibles pour 2011. Concernant les actions, la taxation des plus-values augmente encore ainsi que les prélèvements sociaux. Hors PEA, la fiscalité est devenue trop lourde. Aussi, dans le cadre d’un PEA, je vous recommande les titres Euro Ressources, une société de royalties sous-évaluée, et Auplata, producteur d’or avec une usine qui sera construite en 2011. Peu de risques, gains faibles à moyens (environ 10% à 50%). Si vous voulez suivre les cours de l’or avec du « papier », alors tournez-vous vers les trackers or ou argent, des fonds indiciels aussi appelés ETF, qui s’achètent et se vendent comme des actions (à vendre en cas de hausse hyperbolique car manque de contrepartie possible). Pour du « physique », pièces d’or et d’argent conseillées, dont vous avez les cours sur le site suivant : http://www.24hgold.com/francais/home.aspx . Il n’y a pas de TVA sur les pièces, qu’il est préférable d’acheter au prix spot (et de conserver en banque). Pour ceux qui maîtrisent les produits complexes et qui sont adeptes de grands frissons au risque de tout perdre, jetez un œil sur les turbos illimités call quanto, sous-jacent argent, de la commerzbank. Bien entendu, attention à la barrière désactivante. Enfin, les joueurs de casino peuvent s’intéresser à des compagnies juniors d’exploration principalement cotées sur le marché nord-américain et hors PEA. Pour les amateurs de terres rares, Lynas et Molycorp ont encore du potentiel mais ça devient spéculatif. Bien sûr, si vous pensez que le pire de la crise est passé, oubliez ce paragraphe.

    Nous allons vivre une année 2011 passionnante : les banques centrales ont cessé leurs ventes d’or, les états occidentaux ne savent plus où donner de la dette, plusieurs campagnes électorales vont démarrer avec des élections en 2012. Les états européens possèdent le premier stock d’or au monde, les Etats-Unis le second. Ce précieux atout permettra-t-il de bâtir un nouveau système monétaire ?

mercredi 10 novembre 2010

Manoeuvres

    L’espoir aura été de courte durée. Les banquiers centraux ne veulent pas l'étalon-or (http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3714defa-eb81-11df-8ffe-4226207f022c|0) . A la lecture de l’article du temps ci-avant, il est surprenant de constater les choix délibérés de remèdes habituels à une crise inhabituelle. En tout cas, le sujet a été abordé officiellement pour la première fois et sans doute pas pour la dernière. Autre information, concernant l’argent , les règles d’appel de couverture viennent de changer sur le comex (voir fichier joint). Nous pouvons remarquer la différence entre les « hedge/members » et les « spec », différence avantageant les shorts de JPM et GS. Mais qui empêchera l’argent de suivre une tendance de type Weimar ? (voir fichier joint).

lundi 8 novembre 2010

Hyperinflation

    La déclaration du FMI de ces dernières semaines est on ne peut plus explicite : « Une partie du soutien public qui a été accordée aux banques ces dernières années devra être maintenue ». Autre extrait : « Le système financier mondial est toujours dans une période d’incertitude considérable et reste le talon d’Achille de la reprise économique ». Pire encore, au sujet des banques et institutions financières : « Une dette de plus de 4 000 milliards de dollars doit être refinancée dans les 24 prochains mois ». Ainsi les Etats, donc les citoyens-contribuables, sont « invités » à payer davantage, encore et toujours, pour le système financier, au risque de voir celui-ci s’effondrer (et la charge de la dette continuer d’augmenter sans cesse). En vérité, ce système est déjà mort mais personne ne s’entend sur une solution de rechange, d’où une guerre des monnaies à la baisse et des relents protectionnistes : exporter tout en essayant de fermer ses frontières, trouver un point d’entrée dans un autre bloc économique, par exemple le port du Pyrée en Grèce, point d’entrée en Europe exploité à présent par la Chine. Il s’agit de se placer dans la meilleure situation possible pour la prochaine redistribution des cartes financières. Inévitablement, il faudra solder le passif du système. Le remboursement des dettes étant impossible sous la forme actuelle, rien ne vaut une bonne inflation, voire même une hyperinflation ! Pour préparer cette période extrêmement dangereuse, l’IASB (International Accounting Standard Board), organisme donnant les normes standards de la comptabilité dans le monde, propose d’aider les comptables à faire face à l’hyperinflation de leur monnaie (voir fichier-joint). Heureusement, « le pire n’est pas toujours certain ». Le système bancor sera vraisemblablement évoqué lors du prochain G20 à Séoul. Pour résumer, nous sommes en guerre monétaire avec des taux de change qui varient rapidement. Les scénarios qui figurent dans les rapports des grandes banques mentionnent la sortie de la Grèce de la zone euro, ou celle de plusieurs pays du Sud de l’Europe, voire celle de l’Allemagne. La Chine réclame une reconnaissance de sa puissance, donc de sa monnaie, ce qui passe forcément par une baisse de la suprématie du dollar. Les Etats-Unis impriment leur monnaie (appelée pudiquement QE pour ‘Quantitative Easing’) et pourrait être tentés par l’aventure de l’amero.

Ce billet a été écrit il y a un mois (mais non publié dans ce blog). Depuis, nous avons le QE2 et le Président de la banque Mondiale(M. Zoellick) qui est maintenant favorable au retour d'un nouvel étalon or !!! Enfin !!!

jeudi 12 août 2010

La réforme du système

     Le gouvernement a décidé de réaliser 100 milliards d'euros d'économie pour atteindre d'ici 3 ans la barre des -3% de déficit par rapport au PIB. D'un point de vue uniquement comptable, pour renverser la vapeur, il faudrait atteindre au moins +2%, soit environ 200 milliards d'euros d'économie. D'un point de vue humain, quand on liste les efforts considérables demandés aux citoyens pour atteindre 100 milliards, il est impossible d'envisager 200 milliards sans une baisse drastique de leur niveau de vie, ce qui montre que nous ne pouvons pas continuer dans cette direction avec des sacrifices sans précédent en temps de paix. Le piège de la dette peut être résumé de la manière suivante : croissance atone → faibles rentrées fiscales → emprunt et augmentation de la charge de la dette OU croissance forte → augmentation des taux d'intérêt → emprunt et augmentation de la charge de la dette. Comme l'a indiqué le Président Sarkozy, juste après la crise de septembre 2008, il faut changer le système, proposer un nouveau « Bretton Woods ». A Davos, il a tenu un discours plutôt novateur devant un parterre de banquiers. Mais depuis, plus rien, la grande réforme du système ne figure même plus à l'ordre du jour des grandes réunions internationales. Quant à celle votée dernièrement aux Etats-Unis, son impact sera très limité. La gauche a une occasion à saisir en plaçant la réforme au premier rang de ses préoccupations lors des prochaines élections présidentielles. De grandes responsabilités l'attendent. Une piste possible : comme les stress tests ont montré que les banques françaises étaient très solides (solides ? Regarder le leverage ratio des banques pour comprendre leur fragilité), alors une taxe sur leurs bénéfices peut être envisagée, bien plus élevée que celle envisagée par le gouvernement pour 2011, à moins que les états ne puissent trouver de la monnaie directement auprès de la BCE, ce qui leur est actuellement interdit ! Bien sûr, il est encore temps d'introduire l'or et l'argent comme monnaies ou composantes d'une monnaie au lieu d'attendre que le système actuel aille au bout de sa logique : destruction de valeur de la monnaie papier → paupérisation généralisée. Je partage l'analyse de l'école autrichienne d'économie (libérale) mais pas sa solution : que l'Etat se retire totalement du système monétaire pour que la monnaie soit libre. Au contraire, je préconise son contrôle via le parlement, sous une forme à définir, pourquoi pas inscrite dans la Constitution, car la monnaie est l'instrument principal de toute politique économique d'un état ou d'une fédération d'états. Cela peut être réalisé par un ensemble d'états qui ont convergé dans leurs règles fiscales et économiques ou bien à l'échelle européenne Dans un monde où la gestion de certaines matières premières peut devenir délicate à moyen terme, c'est au collectif, à l'Etat, recentré et renforcé dans ses fonctions régaliennes, de prévoir et de gouverner pour le Bien commun (ce Bien commun cher à des hommes d'Etat tels qu'Edgard Pisani). La monnaie est l'une de ses fonctions. En annexe, vous trouverez un petit schéma explicatif que j'ai tracé pour synthétiser une partie du système, un lien vers une vidéo de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=14159, ainsi qu'un commentaire trouvé sur un forum de boursorama.

lundi 26 juillet 2010

L'immobilier

     L'immobilier représente une part importante du budget des ménages, souvent la première lors de la phase d'acquisition (pour ceux qui ont la possibilité de passer du statut de locataire à celui de propriétaire). La bulle immobilière de ces dix dernières années, avec des prix qui ont quasiment doublé dans certaines régions, est-elle en train d'exploser ou bien assiste-t-on à une reprise ? L'accès à la propriété sera-t-il un rêve qui s'éloigne pour les ménages modestes ? L'avenir n'est pas écrit, aussi un travail prospectif comprenant plusieurs hypothèses s'avère nécessaire. En l'occurrence, vous trouverez en pièce jointe l'une des analyses à long terme les plus complètes qui puissent être réalisées en France. Bonne lecture !

mardi 8 juin 2010

Confiance perdue

     Voici en fichier joint un tableau de la tendance des marchés qui permet de comprendre la situation plus que tout autre commentaire. Il est identique à celui de vendredi soir. O, confiance perdue qui voit les banques européennes déverser à nouveau leurs liquidités (360 milliards d'euros) auprès de la BCE et non dans l'économie. Plus personne ne veut prendre le moindre risque. Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant le retour d'une véritable monnaie : l'étalon or ? La demande est forte, il y a dorénavant une prime sur toutes les pièces d'or. Vous pouvez acheter une pièce de 100 euros or actuellement en souscription à la monnaie de Paris (http://www.monnaiedeparis.fr/100EurosOr/index.html). Sa valeur or dépasse les 100 euros et elle ne vaudra jamais moins que sa valeur faciale ! Si vous faites partie de ceux qui veulent réfléchir et comprendre les principaux mécanismes économiques, alors la conférence suivante (en anglais) vous explique notamment comment cette « crise » a été créée et quels seront les meilleurs placements futurs : http://silvergoldvideo.blogspot.com/2010/06/marc-faber-mirror-mirror-on-wall-when.html.

dimanche 16 mai 2010

Lectures économiques

     Aujourd'hui, Angela Merkel a eu l'honnêteté de le dire, le plan européen de la semaine dernière permet juste de gagner un peu de temps. Pendant ce temps, essayons de réfléchir. Voici donc un lien : http://horizons.typepad.fr/accueil/2010/05/les-deux-crises-de-la-zone-euro-par-jacques-sapir.html et un vieil article à télécharger, de notre unique prix nobel français d'économie (la crise mondiale 1998), pour alimenter vos réflexions. Je préfère cependant un article encore plus ancien : http://herve.dequengo.free.fr/Mises/Articles/OI.htm . Bonne lecture !

dimanche 2 mai 2010

Les larmes de la lune

     Je tiens à rendre hommage à l'un des rares annonciateurs de la « crise » que fut Adam Hamilton. Voilà maintenant 10 ans qu'il met en ligne ses essais gratuitement (http://www.zealllc.com/essays.htm) et c'est leur lecture qui a déclenché ma curiosité pour aller plus loin dans la compréhension du système financier. L'un des essais les plus étonnants en 2001 fut celui sur les produits dérivés de JP Morgan (http://www.zealllc.com/2001/monster.htm), véritables instruments financiers à effet de levier par rapport au capital. La « perte de contrôle » de ces instruments pouvait détruire la banque en quelques jours. En considérant l'ensemble des banques, ces produits totalisaient déjà 44 000 milliards de dollars en 2001 (http://www.occ.treas.gov/ftp/deriv/dq101.pdf). Qu'en est-il fin 2009 avec les derniers chiffres publics disponibles ? Le montant des produits dérivés s'élève maintenant à 213000 milliards de dollars dont 78000 milliards rien que pour JP Morgan. Pourtant, la banque à surveiller est plutôt Goldman Sachs ( voir le graphe 5a du rapport suivant : http://www.occ.treas.gov/ftp/release/2010-33a.pdf). Son taux d'exposition au crédit par rapport à son capital a diminué mais il s'élève encore à 766% pour un total de produits dérivés de 41500 milliards de dollars. Une dégradation de sa note par une agence de notation qui fait plonger le cours de l'action, et donc diminue son capital, fait monter automatiquement son taux d'exposition. La banque est fragilisée. Plus que jamais, les produits dérivés apparaissent comme une bombe à retardement du système financier. Un autre essai important d'Hamilton concerne la croissance du M3 qu'il conseille de surveiller dès la fin 2003 (http://www.zealllc.com/2003/m3spx.htm). On connaît la suite avec l'interdiction aux Etats-Unis, quelques années plus tard, de publier les chiffres du M3 ainsi que ceux permettant de le recomposer directement. Dans un récent essai du 5 mars 2010 (http://www.zealllc.com/2010/egrec2.htm), il souligne que le cours de l'or a battu des records en euros et qu'il s'attend à une évolution extrêmement positive de l'or en euros dans les mois à venir, ce qui est actuellement le cas. Comment ne pas évoquer l'inflation à venir, qui fait l'objet de deux essais dont : http://www.zealllc.com/2009/biginf2.htm ? Ces essais sont pertinents puisque, tout récemment, la FED cherche à mettre en place des moyens pour retirer des liquidités des marchés. Si on se réfère à son annonce de l'arrêt de publication du M3, elle se prépare environ 18 mois avant l'action, ce qui signifie que l'inflation est attendue pour fin 2011 et qu'elle va tenter de la juguler avant. L'apprenti sorcier va-t-il réussir à arrêter le balai ? Le meilleur essai à mon sens est celui qui porte sur les larmes de la lune, appellation des Incas pour l'argent (http://www.zealllc.com/2000/silver.htm). Il y a quelques mois, il était disponible en version française sur le site http://www.24hgold.com mais il manquait la seconde partie. Dans la première partie, Hamilton rappelle le rôle joué par l'argent dans les différentes civilisations dont la nôtre. En seconde partie, il annonce la hausse de l'argent, de par sa rareté, ses applications de plus en plus nombreuses et son rôle de monnaie. Les larmes de la lune ne demandent qu'à enchanter à nouveau les civilisations. Son retour en tant que monnaie, même en partie, se traduira par une explosion de son cours. Voilà ce qui est dit dans la seconde partie de l'essai. A titre d'information, tout comme l'or, la Chine n'exporte plus d'argent depuis mi-2009. Pour atteindre un niveau de 25% de ses réserves en or/argent, objectif raisonnable, il lui faudra encore patienter deux ans, soit 2012, l'année du pic pétrolier selon les prévisions de l'armée américaine (http://www.guardian.co.uk/business/2010/apr/11/peak-oil-production-supply).

mardi 6 avril 2010

Economie et politique

     Le décor est planté. Des prévisions économiques annonçant une croissance molle, au mieux pendant plusieurs années pour l'Europe (voir prévisions de Xerfi). Un déficit budgétaire qui, selon une étude prospective du Sénat sur les finances publiques à l'horizon 2030, et avec l'hypothèse d'une croissance supérieure à 2%, ne reviendrait au niveau de 2007 qu'au bout de 20 ans d'effort, niveau déjà qualifié de faillite par le Premier Ministre. Essoufflement de la volonté de réguler le système financier mondial, même si une petite taxe sur les banques voit le jour. A cela s'ajoute la déclaration du directeur du FMI (DSK) à des étudiants roumains, selon laquelle une nouvelle crise financière est inéluctable à moyen terme, et les propos de Paul Volcker n'hésitant pas à affirmer que toutes les banques des Etats-Unis pourraient être démantelées si nécessaire. La Grèce est en sursis, les taux des marchés se sont tendus aussitôt après son refinancement de 5 milliards d'euros. Les atermoiements et tergiversations de l'Europe à son encontre ont considérablement affaibli l'euro, soulageant l'économie des pays européens exportateurs (notamment de l'Allemagne). Bref, nous sommes en pleine divergence d'intérêts européens et mondiaux et chacun attend égoïstement le point de rupture avant d'abattre ses cartes, dans le cadre d'une vaste redistribution des pouvoirs de toutes natures. Concrètement, nous tendons vers une baisse du niveau de vie de l'Occident et une hausse de celui des pays émergents dont le terme politiquement correct est « transfert de richesses ». Ceci se reflètera dans le rapport entre les monnaies, leur diffusion, leur usage dans le commerce mondial et leur part dans les réserves de change des états. Plus cette période de doute est longue, plus elle est susceptible d'alimenter les peurs : crise identitaire, réflexe protectionniste, repli sur soi.

    Le politique est entièrement responsable de ce qui arrive et je qualifie de menteur celui qui justifie sa politique en prétendant que « c'est la faute à la crise ». Tel l'apprenti sorcier, le politique a facilité la création d'un univers financier, un pseudo-paradis fondé sur une expansion infinie du crédit avec de la monnaie papier, et maintenant il ne retrouve plus la formule magique qui ferait tout rentrer dans l'ordre ! Mais tout le monde s'est tu car tout le monde y a trouvé son compte ! Aussi bien les banques que les citoyens, pendant des dizaines d'années, avec des budgets toujours en déficit ! C'était la croissance, l'alpha et l'oméga de la réussite économique et donc politique, notamment pour gagner des élections. Aujourd'hui, point de reconnaissance : le politique a sauvé les banques mais les banques n'investissent pas vraiment dans l'économie, et les citoyens ne se bousculent pas pour aller voter lors des élections. A lui, le politique, de reprendre la main et de proposer une vision de la société car la sortie de crise ne peut être que politique. Dans notre pays, la tâche est plus ardue puisqu'il n'y a pas eu d'anticipation alors que, faut-il le rappeler, le monde entier était au courant depuis fin 2005 de ce qui se profilait à l'horizon (cf. annonce de la Banque Fédérale Américaine de ne plus publier la masse monétaire M3, du jamais-vu).

    A mon humble avis, il faut agir vite, sans attendre une prochaine crise qui serait alors un véritable tsunami emportant tout sur son passage. Le premier remède consisterait à réformer le système actuel. Difficile au niveau mondial, réfléchissons à l'échelle européenne. Les politiques économiques et les fiscalités européennes doivent être harmonisées si nous voulons sauver l'euro. La monnaie européenne ne peut être le reflet que d'une politique commune. Le second remède serait que les états de l'Union puissent emprunter directement auprès de la BCE, au même titre que les banques; les économies atteindraient ainsi des dizaines de milliards d'euros. La monnaie est utilisée en tant qu'arme économique, d'où l'indexation de la monnaie chinoise sur le dollar et un dollar qui faiblit. Pourquoi ne pas réaliser une dévaluation compétitive de l'euro de l'ordre de 30% (presqu'un dollar) pour nos industries et l'adosser ensuite aux véritables monnaies que sont l'or et l'argent (quoique l'euro baisse si vite que cela ne sera peut-être pas nécessaire) ? L'Europe dispose des plus grandes réserves d'or, elle doit s'appuyer sur ce formidable atout. Ce répit nous permettrait une véritable réindustrialisation, avec un fort ralentissement des délocalisations. De plus, une monnaie adossée à l'or serait susceptible d'attirer les capitaux du monde entier. Les réformes politiques qui en découleraient prendraient tout leur sens car elles seraient ainsi conduites dans le cadre d'une politique volontariste : agir pour ne pas subir avec, pour leitmotiv, la liberté d'entreprendre et la justice sociale. Seuls des hommes d'état charismatiques sont susceptibles de conduire de telles réformes qui, outre l'aspect économique, doivent promouvoir des valeurs sociétales et redonner foi en l'Homme et au progrès.

jeudi 18 mars 2010

Elections régionales

     Les résultats du premier tour sont logiques. Les électeurs ont fait preuve d'un bon sens collectif, les partis les moins cohérents ont été sanctionnés : l'UMP, dont on ne perçoit pas la stratégie à moyen et long terme, notamment pour surmonter la crise, et le Modem, quasi mort car il n'a plus d'espace politique. D'ailleurs, où sont passés les démocrates déodatiens qui s'affichaient avec Jean-François Kahn en octobre dernier ? Le PS remporte le premier tour, à pondérer par une moindre mobilisation de l'électorat UMP. Le FN ressurgit, tel un diable sorti de sa boîte. Europe Ecologie fait un score honorable. Je suis satisfait des actions de la région : co-financement des matériels de recherche et d'enseignement, financement de la formation continue pour des chômeurs, les nouveaux TER. Alors, dimanche prochain, je soutiendrai à nouveau la liste PS.

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