Monuments historiques et identité nationale
Par Olivier le samedi 23 janvier 2010, 00:37 - Politique - Lien permanent
Alors qu'à travers le pays, les fonctionnaires de l'Etat sont chargés par le gouvernement d'organiser, pour ne pas dire ordonner, le débat sur l'identité nationale, voilà que le ministre Eric Besson déclare : «la France n'est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c'est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n'y a pas de Français de souche, il n'y a qu'une France de métissage. » (voir la vidéo http://www.marianne2.fr/Identite-nationale-la-betise-de-Besson-sur-le-terrain_a183577.html ). Pour ensuite se corriger en affirmant le contraire dans un communiqué « réfléchi » (http://www.lexpress.fr/actualites/2/eric-besson-se-corrige-sur-la-nation-francaise_843834.html). En tout cas, nul ne peut nier que la France a un passé et une histoire qui ont forgé son identité actuelle, avec un Conseil constitutionnel garant de notre maison commune. Fort heureusement car, ignoré des médias, un projet de loi devait transférer les monuments historiques aux collectivités territoriales, puis celles-ci, au bout de 20 ans, pouvaient les vendre. Ce projet a même été approuvé par le Sénat (http://www.senat.fr/presse/cp20091201a.html) avec quelques réserves de circonstance. Le scénario suivant aurait alors été possible : d'anciens combattants souhaitant se recueillir devant un monument de la première Guerre Mondiale mais apprenant que celui-ci aurait été vendu puis démonté pour être remonté ailleurs. Des oppositions à ce projet de loi se sont manifestées, notamment la Fédération Nationale des Collectivités Territoriales (FNCC) qui est montée au créneau pour le dénoncer. Finalement, car c'était vraiment le dernier recours, les Sages du Conseil constitutionnel l'ont censuré le 29 décembre 2009 au motif suivant : la gestion du patrimoine ne relève pas d'une loi fixant les orientations budgétaires. Dans son communiqué du 20 janvier 2010, la FNCC conclut par ces mots : « Les instances politiques ont la responsabilité temporaire du patrimoine symbolique – qu'il soit immatériel ou monumental – et donc celle de n'en altérer à la légère ni la conservation, ni la transmission, ni l'invention ». Vouloir débattre de l'identité nationale tout en tentant de transférer dans le même temps le patrimoine national afin d'alléger les dépenses de l'Etat (car c'était un article de la loi de finances 2010) me laisse pour le moins perplexe.