Le gouvernement a décidé de réaliser 100 milliards d'euros d'économie pour atteindre d'ici 3 ans la barre des -3% de déficit par rapport au PIB. D'un point de vue uniquement comptable, pour renverser la vapeur, il faudrait atteindre au moins +2%, soit environ 200 milliards d'euros d'économie. D'un point de vue humain, quand on liste les efforts considérables demandés aux citoyens pour atteindre 100 milliards, il est impossible d'envisager 200 milliards sans une baisse drastique de leur niveau de vie, ce qui montre que nous ne pouvons pas continuer dans cette direction avec des sacrifices sans précédent en temps de paix. Le piège de la dette peut être résumé de la manière suivante : croissance atone → faibles rentrées fiscales → emprunt et augmentation de la charge de la dette OU croissance forte → augmentation des taux d'intérêt → emprunt et augmentation de la charge de la dette. Comme l'a indiqué le Président Sarkozy, juste après la crise de septembre 2008, il faut changer le système, proposer un nouveau « Bretton Woods ». A Davos, il a tenu un discours plutôt novateur devant un parterre de banquiers. Mais depuis, plus rien, la grande réforme du système ne figure même plus à l'ordre du jour des grandes réunions internationales. Quant à celle votée dernièrement aux Etats-Unis, son impact sera très limité. La gauche a une occasion à saisir en plaçant la réforme au premier rang de ses préoccupations lors des prochaines élections présidentielles. De grandes responsabilités l'attendent. Une piste possible : comme les stress tests ont montré que les banques françaises étaient très solides (solides ? Regarder le leverage ratio des banques pour comprendre leur fragilité), alors une taxe sur leurs bénéfices peut être envisagée, bien plus élevée que celle envisagée par le gouvernement pour 2011, à moins que les états ne puissent trouver de la monnaie directement auprès de la BCE, ce qui leur est actuellement interdit ! Bien sûr, il est encore temps d'introduire l'or et l'argent comme monnaies ou composantes d'une monnaie au lieu d'attendre que le système actuel aille au bout de sa logique : destruction de valeur de la monnaie papier → paupérisation généralisée. Je partage l'analyse de l'école autrichienne d'économie (libérale) mais pas sa solution : que l'Etat se retire totalement du système monétaire pour que la monnaie soit libre. Au contraire, je préconise son contrôle via le parlement, sous une forme à définir, pourquoi pas inscrite dans la Constitution, car la monnaie est l'instrument principal de toute politique économique d'un état ou d'une fédération d'états. Cela peut être réalisé par un ensemble d'états qui ont convergé dans leurs règles fiscales et économiques ou bien à l'échelle européenne Dans un monde où la gestion de certaines matières premières peut devenir délicate à moyen terme, c'est au collectif, à l'Etat, recentré et renforcé dans ses fonctions régaliennes, de prévoir et de gouverner pour le Bien commun (ce Bien commun cher à des hommes d'Etat tels qu'Edgard Pisani). La monnaie est l'une de ses fonctions. En annexe, vous trouverez un petit schéma explicatif que j'ai tracé pour synthétiser une partie du système, un lien vers une vidéo de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=14159, ainsi qu'un commentaire trouvé sur un forum de boursorama.