Le développement de la crise
Par Olivier le dimanche 7 août 2011, 15:37 - Economie - Lien permanent
Comme l’a démontré l’école autrichienne d’économie, une crise systémique telle que celle que nous vivons ne peut pas être endiguée. D’ailleurs, à ce jour, absolument aucun problème n’est réglé, bien au contraire. Il y avait les banques en détresse, maintenant on peut ajouter des états insolvables. Que de communication et de temps perdu depuis la première manifestation de cette crise en août 2007 et la seconde en septembre 2008 ! Stress tests version 1 : les banques sont solides, puis stress tests version 2 : les banques sont solides, etc. Qui y croit ? Pour la Grèce, plan n°1 : la Grèce est sauvée, puis plan n°2, n°3, n°x ? : la Grèce est sauvée, idem (ou à venir) pour la quasi-totalité des pays européens. Pour finir, fonds européen de stabilité n°1, n°2, puis n°x ? Concernant les Etats-Unis, qui viennent de perdre leur note « AAA », la situation économique est également sans espoir. En effet, la FED a dépensé plus de 16 000 milliards de dollars depuis 2008 pour finalement voir les Etats-Unis avec une croissance nulle. La BCE peut suivre le même chemin en procédant à des achats massifs, elle n’aura pas plus de résultat mais gagnera un peu de temps.
Quant à la France, je me suis déjà exprimé en disant qu’il faut un excédent de +2% du PIB et non arriver à un déficit de -3% en 2013 pour réduire véritablement l’endettement qui est à la limite du supportable. En l’état actuel des finances du pays et avec une croissance aussi faible, c’est quasiment impossible, surtout qu’une nouvelle récession semble se profiler à l’automne aux Etats-Unis avec des répercussions en Europe. C’est cette absence de perspective de croissance qui nous mettra en difficulté.
Quand aura lieu le nouveau « Bretton Woods » tant promis ? En fait, les états endettés gagnent du temps, en attendant le retour d’une inflation modérée pour les soulager. C’est courir là un très grand risque : celui de basculer brutalement dans l’hyperinflation. Cette crise systémique ne sera enrayée que par une refonte du système monétaire mondial qui passe par le retour de l’or, seul recours quand la confiance dans les monnaies papier a disparu. Je pense qu’il y aura également l’argent (un relèvement de marge soudain a fait baisser son cours et il y en aura certainement d’autres tant la situation est tendue sur ce métal) mais pas seulement. Toutes les hypothèses sont permises.