Perte de la notation AAA avec perspective négative
Par Olivier le samedi 14 janvier 2012, 19:57 - Politique - Lien permanent
La dégradation de la note de la France avec perspective négative est évidemment une catastrophe, non seulement pour notre pays, qui ne retrouvera peut-être jamais cette notation, mais également pour l’Europe, puisque tous les mécanismes de soutien, FESF puis MES, se retrouvent automatiquement dégradés ou en voie de l’être. C’est ce qui s’appelle entrer dans une voie sans issue. Bien sûr, toute comparaison avec l’absence de conséquence de la dégradation de la note des USA est ridicule, le dollar étant la monnaie de réserve du monde et le Trésor américain s’alimentant directement en argent frais auprès de la FED. L’Amérique du Nord est une zone économique cohérente, ce que n’est plus l’Europe, y compris au sein des pays de la zone Euro, dont l’écart de notation est maintenant si grand (traduisant les réalités économiques) que l’éclatement de la zone Euro sous sa forme actuelle semble inéluctable. C’est un fait, pas un souhait.
La politique d’endettement menée depuis de nombreuses années par le gouvernement qui, du coup, n’a jamais respecté les critères de Maastricht, est directement responsable de cette situation. Faut-il rappeler qu’avant même les élections de 2007, tout le monde économique digne de ce nom connaissait la gravité de la crise à venir, puisqu’en septembre 2004 la FED avait annoncé qu’elle ne publiait plus le M3 et les indices associés ? D’ailleurs, la même année, l’éphémère Ministre de l’Economie de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait annoncé la vente de 500 tonnes d’or de la Banque de France, soi-disant pour réduire le déficit, vente qui s’est étalée jusqu’en 2010. Ô combien nous aurions besoin de ces 500 tonnes à présent ! Sans même parler de la déclaration du Premier Ministre en 2007, affirmant que la France était en faillite. Alors, pourquoi des plans de rigueur seulement en 2011, qui n’auront « pleinement » d’effets qu’à partir de 2012 ? C’est vrai qu’ils sont minces : par exemple un plan 17,4 milliards d’euros sur 4 ans alors que le service de la dette + le déficit représentent dorénavant 178 milliards d’euros en 2012.
Une perspective négative signifie que la note de la France va encore être dégradée dans les prochains mois. A priori, cela ne dérange nullement le gouvernement, qui n’envisage aucune mesure supplémentaire avant les élections de 2012 et minimise cette dégradation ! Une honte, car il s’agit là d’une posture purement électorale qui n’a rien à voir avec la gouvernance d’un pays. Pourtant, les conséquences de cette perte sont réellement catastrophiques car nous ne pouvons plus traiter d’égal à égal avec l’Allemagne : les rapports de force sont modifiés, l’Europe le sait, le monde entier ne l’ignore plus malgré les gesticulations de notre Président auprès de la Chancelière, alors que la crise ne fait que s’amplifier ! L’Allemagne perdra aussi sa notation AAA plus tard dans la décennie, mais là n’est pas le débat.
En France, les conséquences de cette politique d’endettement ne peuvent plus être repoussées au-delà de quelques mois. Il y aura obligatoirement un ajustement douloureux entre la réalité économique et notre niveau de vie, d’autant plus que les indicateurs économiques avancés annoncent à nouveau une récession à partir de mi-2012, d’une ampleur qui rappelle 2008. Dire que cette situation dure depuis 35 ans en raison d’un budget toujours déficitaire, que ce soit la droite ou la gauche, est simpliste, pour ne pas dire populiste car, selon les périodes, par l’inflation et/ou la croissance, par la nature des produits exportés, notre pays était en mesure de résorber rapidement la dette. Ce n’est plus le cas actuellement.